G8 et valeurs évangéliques


Il est plutôt rare et inhabituel de penser les valeurs évangéliques dans leur perspective économique et en fonction de l'idéal qui en découle. Si nous prenons par exemple les paraboles, nous pouvons constater que dans la vie publique de Jésus tout comme dans ses paraboles (voir Mt 20,1-10), la notion de besoin prévaut sur la notion de performance. Autrement dit, subvenir aux besoins des personnes, en particulier des plus vulnérables, est au coeur du message biblique. Les paraboles et l'agir de Jésus laisse entrevoir comme société idéale, une communauté égalitaire où la redistribution des richesses produites s'effectue selon les besoins. Une telle perspective s'opposait au fondement économique du premier siècle de notre ère. Il est donc compréhensible que Jésus ait suscité autant d'hostilité à son endroit!

Cet idéal du Règne nous interpelle toujours 2 000 ans plus tard. Il nous amène à nous questionner sur le projet de société qui serait le plus susceptible de correspondre aux valeurs évangéliques. Voici quelques critères, fondé sur une perspective s'appuyant sur la rencontre des besoins, qui peuvent nous aider à discerner si le projet de société de nos leaders politiques et économiques ou celui des opposantEs à la mondialisation des marchés s'approche de l'idéal du Règne de Dieu:

1. L'accès inconditionnel, à toutes et à tous, aux biens patrimoniaux de base permettant à la vie d'exister (eau, nourriture, logement, environnement sain).

2. L'accès inconditionnel aux biens communs sociaux (santé, éducation, culture). Cet accès est indispensable pour assurer une participation critique au devenir des sociétés.

3. Une réorientation de la trajectoire économique actuelle vers la satisfaction de ces besoins fondamentaux plutôt que de la seule maximisation des profits. Cela implique de désarmer les marchés financiers et d'élaborer des mécanismes de redistribution des richesses à l'échelle planétaire. La taxe Tobin (taxe sur les transaction financières internationales) est un exemple de proposition pour atteindre cet objectif. En d'autres termes, il s'agit de favoriser une économie solidaire fondée sur la coopération plutôt que sur la compétition.

4. Il convient d'opérer une rupture avec le modèle actuel pour en construire un qui priorise le développement durable. Un tel modèle répondrait aux besoins humains tout en assurant la préservation des écosystèmes, des espèces végétales et animales. Ceci permettrait aux générations futures de jouir des conditions de vie susceptibles de favoriser l'épanouissement des personnes et des collectivités.

Il peut sembler irréaliste d'édifier une société sur ces fondements mais il convient de rappeler que ces critères s'appuient sur des valeurs évangéliques et humanistes. Comme chrétiennes et chrétiens à la suite du Ressuscité, à construire un monde s'appuyant sur la dignité, l'égalité, la solidarité et la participation de toutes et de tous.

Patrice Perreault,
agent de pastorale





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