La fête du 1er mai


Affiche conçue par Shannon OlliffeC'est en 1884 que la fête du 1er mai tire son origine. À la suite du congrès de la «Trade Union» aux États-Unis, les syndicats revendiquèrent une réduction de la journée de travail. Or les grèves se multiplièrent, entre 1886 et 1889, à la journée choisie: le 1er mai. Les syndicats réclamaient une journée de travail de 8 heures. À Chicago, cinq personnes sont mortes à la suite de la manifestation. Nous savons que la plupart des travailleurEUSES obtinrent une journée de 8 heures du moins en Occident. C'est en 1955 que le pape Pie XII fixa le 1er mai comme la fête de saint Joseph, artisan, afin de reconnaître la valeur et la dignité de chaque travailleurEUSE.

Or, depuis vingt ans, le statut du travailleurEUSE a subi de nombreuses modifications: par exemple, nous sommes passés du statu de personnel à celui de ressources humaines. Cette expression traduit une réduction du travail au rang de simple marchandise qu'on utilise selon les besoins du moment puis qu'on rejette selon les fluctuations économiques. En d'autres termes, le travail qualifié d'atypique (temps partiel, travailleurEUSE autonome, etc.) est en nette progression alors que le travail salarié classique régresse constamment. Puisque le travail demeure encore la source privilégiée de revenus pour la majorité des gens, cette croissance du travail atypique précarise et appauvrit les personnes et les familles. Il semble que cette tendance ne renversera pas à court terme d'autant plus que le nombre d'heures travaillées pour produire décroît depuis 40 ans. L'informatique et les nouvelles technologies réduisent tant le nombre de personnes que le nombre d'heures.

Bien entendu pour résoudre l'exclusion du travail et de la société (puisque l'emploi demeure la voie royale pour l'insertion sociale), il ne s'agit pas de bannir les technologies mais de repenser notre rapport au travail. D'une part, il conviendrait d'élargir la notion de travail: considérer que le travail englobe davantage que le travail salarié défini par le marché comme par exemple, la création artistique, le travail à vocation sociale et favoriser d'autres modes de revenus, comme un revenu de citoyenNE, d'autre part. CertainEs proposent de passer d'une société de plein emploi à celui d'une société de pleine activité. Ceci permettrait la sortie de la logique marchande, l'insertion sociale par un autre biais et l'inclusion de toutes et de tous.

À mon avis, comme chrétienNES, nous sommes invitéEs, à nous solidariser avec les mouvement visant l'augmentation du salaire minimum, les congés parentaux, l'amélioration des conditions de travail, etc. car ces mouvements sont porteur d'un projet de société qui concorde bien avec celui de Jésus: construire le Règne de Dieu fondé sur la justice, la liberté, la dignité, l'égalité et la participation de tous les êtres humains.

Patrice Perreault
agent de pastorale





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