Éliminer la pauvreté, un rêve?


Le 17 octobre marque la journée internationale d’élimination de la pauvreté. Elle nous rappelle le scandale de la pauvreté dans un monde qui produit, selon Riccardo Petrella, politologue bien connu, une richesse équivalant à près de 33 000 milliards de dollars par année! Avec une telle richesse, l’objectif d’enrayer la pauvreté devient possible.

Cependant la lutte à la pauvreté repose également sur la transformation de la culture ambiante car celle-ci représente un obstacle majeur à ce combat. Pour éradiquer la pauvreté, il importe avant tout de croire qu’il est possible de l’éliminer. Utopie? Pas plus que les personnes qui se sont battues, il y a plus de 150 ans, pour la fin de l’esclavage ou il y a 100 ans pour le droit de vote des femmes!

Éradiquer la pauvreté implique aussi un autre changement culturel : celui de l’unique responsabilité individuelle de la pauvreté. Cette perspective favorise une culpabilisation voire une méfiance à l’égard des personnes appauvries confirmant d’autant les trop nombreux préjugés. À ce niveau, le récent projet de Loi 57 concernant l’aide sociale pourrait malheureusement renforcer les clichés de la responsabilité individuelle. Dans sa formulation, il ne semble guère tabler sur les compétences déjà acquises par les personnes appauvries.

En somme, le projet de Loi 57 ne semble pas reconnaître que la pauvreté résulte aussi de variables sociales indépendantes de la volonté individuelle comme par exemple le taux du salaire minimum ou le coût moyen relatif au logement. À cette problématique plus large, il convient davantage de construire un partenariat réel avec les personnes assistées sociales et/ou les personnes à faibles revenus qui représentent les premières expertes en matière de lutte à la pauvreté.

Or, c’est avec cette philosophie que le GASP Haute-Yamaska (Groupe Actions Solutions Pauvreté), par le biais de ses membres, lutte contre la pauvreté. Le GASP regroupe, de façon intersectorielle, des organismes communautaires, politiques, institutionnels, économiques, religieux et clubs sociaux œuvrant auprès et avec des personnes appauvries. Le GASP appuie, entre autres, des initiatives comme les cuisines collectives, les groupes d’achats, la participation à des jardins communautaires ou l’espoir d’un toit adéquat pour tous. Ceux-ci représentent un pas dans la lutte à la pauvreté en favorisant la participation et l’intégration des personnes à des projets valorisants qui contribuent à l’inclusion sociale.

Éliminer la pauvreté, une douce rêverie? Pas vraiment, car les membres du GASP, par leur concertation, démontrent bien que ce rêve est réalisable comme le disait merveilleusement ce porte-parole unique de la lutte contre la misère, Helder Camara : «Quand on rêve seul, c’est seulement un rêve. Quand on rêve tous ensemble, c’est le commencement de la réalité».

Patrice Perreault
Au nom du comité de communication du GASP





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