Le Dieu biblique: un Dieu respectueux de la liberté


 

Bien des images de Dieu circulent en ce moment tant dans notre tradition chrétienne que dans la société. Une image persistante est véhiculée par une certaine théologie. Elle présente Dieu comme un individu patriarcal détaché de toute relation réelle, éternellement replié sur lui-même. Ce Dieu qui détient le contrôle absolu, détermine, selon son bon caprice, le destin des uns et des autres. Dans ce cas, la liberté n’existe plus.

 

On reconnaît rapidement une des caractéristiques de l’antique conception de la divinité qui a grandement inspiré certaines traditions chrétiennes. Elle a servi de fondement à la définition classique des attributs divins comme l’impassibilité, l’éternité, l’omniscience et l’omnipotence. Cette conception de Dieu fait problème pour nombre de nos contemporain-e-s. En effet, un tel Dieu se pose en concurrent à l’être humain. Afin que Dieu soit, les humains se réduisent à peu de choses. Une telle représentation n’est plus, à juste titre, acceptable aujourd’hui.

 

Or le Dieu biblique, le Dieu de Jésus, correspond très peu à ce Dieu omnipotent et impassible. C’est un Dieu préoccupé du devenir du monde et des êtres humains. Ce Dieu entreprend avec les peuples les chemins de la libération sociale, politique, économique et religieuse.

 

Par respect et amour de la liberté humaine et de l’autonomie du monde, il se rend totalement impuissant en s’associant pleinement aux choix de Jésus même s’ils le conduisent à une fin tragique. Dans la mort de Jésus, Dieu se révèle dans la non-Parole, dans l’infini vulnérabilité de l’être. La croix fait éclater toutes les images divines d’un despote, d’un tyran patriarcal.

 

La résurrection de Jésus ne nie aucunement l’histoire de la liberté humaine mais l’assume totalement pour ouvrir de nouveaux horizons. Elle fait sienne la dramatique humaine dans toute sa densité (comme l’illustrent les récits d’apparition où le Christ se manifeste avec les plaies du Crucifié).

 

Le Dieu biblique, le Dieu de Jésus, ne se présente pas comme un compétiteur de l’être humain mais comme un partenaire dans une relation à construire. Pour édifier cette alliance, l’être humain ne peut aucunement s’effacer et s’infantiliser devant Dieu. Celui-ci chemine avec les humains pour les initier à une relation adulte et mature. Ceci a pour conséquence de laisser le monde à son autonomie et la responsabilité humaine à.... l’être humain.

 

Comme chrétien-chrétienne nous croyons que Dieu s’implique dans le devenir du monde. Dans le regard de foi, ces interventions divines se laissent entrevoir dans les propositions incessantes de libération, de dignité et d’humanisation. Ainsi, Dieu invite les êtres humains à construire, en partenariat avec lui, son Règne d’amour de liberté, d’unité et d’égalité.

Patrice Perreault, agent de pastorale





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