Une solution pour l'Afrique?


Au Sommet du G8 à Kananaskis, l'avenir du continent continent africain a été soulevé. Le nouveau partenariat pour l'Afrique proposé à ce sommet vise essentiellement, dans ses objectifs avoués, à favoriser le développement de l'Afrique. Il est même présenté comme une démonstration de l'appropriation par les pays africains de leur propre développement. Il vrai que depuis plusieurs décennies de «développement» et de programmes d'ajustement structurel, c'est-à-dire de libéralisation du commerce, de la création d'un environnement propice au marché, de retrait du rôle de l'État et de la déréglementation, le continent africain se retrouve dans une situation plus dramatique qu'il y a cinquante ans puisque la pauvreté s'accentue constamment.

Cette vision du développement s'appuie exclusivement sur des considérations fondées sur la gestion des ressources conduisant à prioriser l'exportation de produits primaires et de monocultures. Cela n'a guère favorisé une appropriation locale et une réponse aux besoins de base (santé, éducation, participation démocratique, etc.).

C'est pourquoi le nouveau partenariat pour l'Afrique me questionne. En effet, sa stratégie se situe-t-elle toujours dans une déréglementation et une privatisation accrue? Assure-t-il un développement des marchés domestiques par les populations locales ou opte-t-il massivement pour l'investissement étranger au sein des marchés domestiques? Favorisera-t-il le développement du potentiel immense tant sur le plan des populations que des richesses naturelles au profits des Africain-e-s, entre autres, par une meilleure redistribution?

Je me demande si un partenariat avec les Africain-e-s n'exigera pas une rédéfinition de nos politiques actuelles. En effet, cela implique que le partenariat Nord-Sud permettra des recherches communes et un transfert de technologies adéquates aux populations africaines. Cela suppose également un renversement de la tendance économique actuelle. Autrement dit, la protection des marchés intérieurs des pays africains s'avère essentiel afin que ces derniers puissent développer réellement des structures répondant aux besoins fondamentaux des personnes. De plus, un accroissement substantiel de l'aide des pays du Nord peut contribuer au redressement de la situation.

Quant aux exportations des pays africains, il serait intéressant que l'appui financier des pays du Nord contribue au développement d'une économie fondée sur les coopératives de petite taille. Dans le même ordre d'idée, les pays du Nord et les organisations internationales comme l'OMC pourraient encourager des réglementations internationales favorisant les échanges entre les pays du Sud plutôt que ceux du Sud vers le Nord. Tout cela dans une perspective de favoriser une prise en charge participative des Africain-e-s dans leur propre devenir.

En ce début du XXIe siècle, n'est-il pas temps laisser de côté l'idée que la réussite d'une société se fonde uniquement sur son taux de croissance économique? Ne conviendrait-il pas de mesurer le niveau d'une civilisation à sa capacité d'assurer la rencontre des besoins fondamentaux afin de construire un monde s'appuyant sur la dignité, l'égalité, la solidarité et la participation de toutes et de tous?

Patrice Perreault,
agent de pastorale





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